Famille et Société
Actualisé le: 28.03.2022

Peur de la guerre – que faire quand cela affecte le psychisme?

La guerre en Ukraine suscite la consternation en Suisse. De nombreux adultes, mais aussi des enfants et des jeunes, ont peur de la guerre. Découvrez ce que vous pouvez faire lorsque la peur de la guerre a des répercussions sur le psychisme et comment vous pouvez soutenir les enfants et les jeunes dans cette situation.
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Un homme triste regarde par la fenêtre.

Le plus gros de la pandémie de coronavirus semble à peine passé qu’une nouvelle crise vient nous préoccuper. La guerre en Ukraine, qui se déroule pratiquement à notre porte, nous fait peur. Presque chaque minute, des images troublantes et des nouvelles terribles nous parviennent. La guerre va-t-elle arriver jusque chez nous? Sommes-nous menacés par une troisième guerre mondiale? Beaucoup se sentent impuissants face à ces événements. La tristesse se mêle à la colère, et l’insécurité entraîne des sentiments d’impuissance.

Parler des craintes liées à la guerre

Dans une telle situation, il est tout à fait normal d’avoir peur. Nous ne pouvons pas influencer la guerre en Ukraine et cette perte de contrôle nous fait peur. Nous nous inquiétons peut-être pour des proches ou des ami·e·s qui vivent en Ukraine, qui ont fui ou qui doivent se cacher. Mais comment faire face à cette peur et à ce sentiment d’impuissance? Souvent, le simple fait d'en parler et de pouvoir verbaliser ses émotions est utile.

Avoir une vue d’ensemble de la situation peut également aider. Qu’est-ce qui se passe réellement? Quel danger est réel et qu’est-ce qui relève du domaine des fausses informations? Dans le cas de conflits tels que la guerre en Ukraine, de nombreuses fake news circulent à côté d’informations vérifiées.

Apporter calme et sécurité aux enfants

Si les adultes ont peur de la guerre, cela pèse sur toute la famille. Les enfants captent des fragments de conversation même lorsqu’ils semblent absorbés par le jeu et sentent lorsque leurs parents sont inquiets ou déstabilisés. Il est donc conseillé d’éviter les conversations sur la guerre, qui pourraient être source de peur, en présence d’enfants. Tenir le sujet de la guerre complètement à l’écart des enfants n’est ni réaliste ni judicieux. Si les enfants posent des questions de leur propre initiative, les parents et les personnes de référence doivent leur expliquer ce qu’est la guerre en des termes adaptés à leur âge.

Si les adultes ont peur de la guerre, cela pèse sur toute la famille. Les enfants captent des fragments de conversation même lorsqu’ils semblent absorbés par le jeu et sentent lorsque leurs parents sont déstabilisés. 

Il est important que les enfants et les jeunes puissent situer ce qu’ils ont vu et entendu. Pour y parvenir, ils ont parfois besoin d’aide. Les parents doivent leur apporter calme et sécurité. Sans créer de panique, ils peuvent admettre qu’ils redoutent une guerre. Il est possible que des questions sur le thème de la mort surgissent. Là encore, les parents doivent être honnêtes.

Transformer l’impuissance en action

Pour contrer la peur de la guerre et ne pas rester impuissants, de nombreuses personnes souhaitent agir. Une immense vague de solidarité a vu le jour en Suisse et dans toute l’Europe. Vous aussi, en tant que famille, vous pouvez vous joindre à une veillée ou à une manifestation dans la rue et envoyer un signal fort en unissant votre voix à celles d’autres personnes. 

Dans de nombreuses villes et communes, des personnes collectent des biens de première nécessité pour soutenir les gens en Ukraine et les personnes qui fuient le pays. Des organisations humanitaires telles que Caritas, la Chaîne du Bonheur ou la Croix-Rouge suisse collectent des dons. En de nombreux endroits, des réseaux locaux se forment pour soutenir les réfugiés à leur arrivée en Suisse.

Quand le stress psychologique devient trop lourd

Lorsque les crises se succèdent, il se peut que le stress ressenti devienne trop important. Si les émotions et les pensées oppressantes persistent pendant plusieurs semaines, il est conseillé de demander de l’aide auprès de spécialistes. Les professionnel·le·s peuvent aider à reprendre confiance en l’avenir.

Les adultes ne sont pas les seuls à souffrir en situation de crise, les enfants et les jeunes également. Les images et les vidéos de la guerre peuvent provoquer des crises de panique ou une peur de l’avenir. Si les enfants ou les jeunes semblent manquer d’énergie ou se replier sur eux-mêmes pendant une période prolongée, cela doit être considéré comme un signe d’alarme.

Si votre enfant ou votre partenaire souffre de cette situation stressante, il est conseillé d’aborder le problème avec précaution et de proposer de l’aide. Les parents et les personnes investies de l’autorité parentale peuvent s’adresser en toute confidentialité par téléphone ou en ligne au service  Conseils aux parents de Pro Juventute. Les enfants et les jeunes peuvent obtenir un soutien gratuit par téléphone, chat, SMS ou e-mail auprès de 147.ch.

S’autoriser des bons moments

Face à l’omniprésence de l’actualité, la peur de la guerre peut devenir envahissante. Pour éviter d’en arriver là, il convient d’instaurer consciemment des périodes sans médias durant lesquelles on peut se distraire et se faire plaisir: lire un livre à l’histoire palpitante, faire du sport, se promener ou s’acheter un beau bouquet de fleurs. Une excursion à la montagne, au zoo ou au musée permet également aux familles de se changer les idées et de faire passer la guerre au second plan. 

La situation est particulièrement difficile lorsque des proches ou des ami·e·s vivent dans des zones de crise et sont en danger. Malgré l’inquiétude que cela suscite, il est important de penser à sa propre santé psychique. On peut prendre soin de soi sans avoir mauvaise conscience, car on ne peut être présent pour les autres que lorsque l’on va bien soi-même.

Conseils pour les parents

  • Parlez avec vos enfants de leurs inquiétudes et de leurs peurs. Montrez-leur qu’ils ne sont pas seuls à ressentir cela. Il peut être plus facile de parler de ses émotions lors d’une promenade.
  • Dans cette situation associée à tant de nouvelles négatives, le fait de pouvoir faire quelque chose de bien peut aider les enfants. Cela ne doit pas nécessairement être lié à l’Ukraine, ils peuvent peut-être faire une surprise à la voisine ou au voisin ou lui proposer de l’aide.
  • Si vous avez de la famille ou des ami·e·s en Ukraine, les enfants et les jeunes peuvent allumer une bougie et montrer ainsi leur solidarité.
  • Votre enfant est-il en souffrance parce qu’un·e de ses ami·e a peur de la guerre ou s’inquiète pour des membres de sa famille qui se trouvent en Ukraine? Encouragez les enfants et les jeunes à être là les uns pour les autres. Demandez par exemple ce qui pourrait faire du bien à son ami·e.
  • Les enfants doivent sentir qu’il n’y a rien de mal à rire, à se réjouir et à oublier la guerre pendant un moment. Les règles et la routine les aident à maintenir une normalité et à réguler les sentiments négatifs. 
  • Il peut être utile pour les enfants d’écrire leurs soucis ou d’exprimer leur peur de la guerre par un dessin. 

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